Les bonnes et mauvaises nouvelles

Deux informations se sont percutées cette semaine. La future probable candidature d'Éric Zemmour à l'élection présidentielle et le rachat d'Europe1 par Vincent Bolloré.

Une bonne, une mauvaise, deux mauvaises nouvelles?

La bonne nouvelle serait qu'avec sa candidature, Éric Zemmour siphonne des voix à Marine Le Pen et affaiblit la prétention de présidente du Rassemblement Nationale à être présidente de la République.

La mauvaise est évidemment l'achat d'Europe1 par le patron de Canal Plus, le censeur du documentaire Évasion fiscale, une affaire française. Je pense que les journalistes d'Europe1 doivent avoir à l'esprit la manière dont a été traité Stéphane Guy, journaliste au service Sport. À écouter CNews on frémit à l'idée que la station qui a permis de suivre les événements de mai 68 minute par minute, quand les radios du service publique (du pouvoir) en faisaient l'impasse, deviendrait le haut-parleur du héraut de la vraie France. Mais peut-être apprendrons-nous de quelle France parle Zemmour. Celle de 1940 de Laval et de Pétain, celle de 1934 et des ligues fascistes, celle des années 1900 et des anti-dreyfusards, celle de 1971 et de la Semaine sanglante, celle de Napoléon et du retour du code noir, celle de 1572 et la Saint-Barthélémy…

Deux mauvaises? Première hypothèse: Éric Zemmour candidat renonce en dernière minute à sa candidature et alimente le score de Marie Le Pen. Autre hypothèse, Vincent Bolloré met à sa disposition une force de frappe médiatique sans précédent pour son candidat: une radio Europe1, deux chaînes de télévision Canal+ et CNews, un journal gratuit CNews.

Dans tous les cas, dans ce paysage politique en pleine déliquescence, la gauche ferait bien de s'unir en se mettant d'accord sur ce qu'il est convenu d'appeler la gauche dans laquelle Jean-Luc Mélanchon n'a, de mon point de vue, pas sa place.

11/02/2021

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